Accéder au contenu principal
Il y a deux ans, les Santiago ont commencé un élevage de poissons-lapins à Pohnpei. Leur entreprise assure non seulement la sécurité alimentaire et économique de leur famille, mais soutient aujourd’hui grâce à leur nurserie de poissons, 15 autres familles qui se mettent également à l’aquaculture.
© Initiative Kiwa/Tristan David/Aude-Émilie Dorion
Il y a dix ans, il suffisait de jeter un filet pour ramener le dîner. Aujourd'hui, on jette le filet et on prie.
Maylane & Jessie Santiago
Pisciculteurs
Il y a deux ans, les Santiago ont commencé un élevage de poissons-lapins à Pohnpei. Leur entreprise assure non seulement la sécurité alimentaire et économique de leur famille, mais soutient aujourd’hui grâce à leur nurserie de poissons, 15 autres familles qui se mettent également à l’aquaculture.
© Initiative Kiwa/Tristan David/Aude-Émilie Dorion
Il y a deux ans, les Santiago ont commencé un élevage de poissons-lapins à Pohnpei. Leur entreprise assure non seulement la sécurité alimentaire et économique de leur famille, mais soutient aujourd’hui grâce à leur nurserie de poissons, 15 autres familles qui se mettent également à l’aquaculture.
© Initiative Kiwa/Tristan David/Aude-Émilie Dorion
Il y a dix ans, il suffisait de jeter un filet pour ramener le dîner. Aujourd'hui, on jette le filet et on prie.
Maylane & Jessie Santiago
Pisciculteurs

Extrait de l'interview

Les Solutions fondées sur la Nature en Action

La ferme piscicole de Maylane et Jessie Santiago, un parcours pionnier et une aventure familiale

Aux abords de Madolenihmw, à Pohnpei - dans les États fédérés de Micronésie - là où le souffle du Pacifique rencontre le rivage, l’eau fait résonner un rythme éternel de marées, de filets et de lignes de pêche. Pour les 35 000 habitants de la région, l’océan est la vie : source de nourriture, de revenus et d’identité culturelle. Au fil des années, la surpêche a appauvri les stocks sauvages ; la hausse des températures marines a provoqué un blanchissement massif des coraux, et l’érosion côtière engloutit peu à peu les zones de pêche traditionnelles. Pourtant, au cœur de cette crise, l’océan continue de murmurer à travers la vie de ceux qui savent l’écouter - comme Maylane et Jessie Santiago, un couple dont les mains sont tissées dans cette histoire.

Une alchimie à deux

Jessie Santiago est un homme modelé par la mer. Pendant des décennies, il s’est aventuré dans le lagon dès l’aube, rentrant avec ce que la journée voulait bien lui offrir. Mais la surpêche et les bouleversements climatiques ont fini par appauvrir les stocks sauvages. « Il y a dix ans, on jetait un filet et on remontait le dîner », se souvient-il. « Aujourd’hui, on jette un filet et on prie. »

C’est dans ce silence que Maylane, son épouse, s’est engagée, portée par une inspiration  aussi pragmatique qu’audacieuse. « Mon beau-père était malade », se souvient-elle. « Il voulait du poisson, mais il était difficile d’aller pêcher au large. Alors je me suis dit : pourquoi ne pas amener le poisson jusqu’à nous ? » Dans une région où les femmes dirigent rarement des projets d’aquaculture, Maylane est devenue l’une des premières à Pohnpei à se lancer dans l’élevage de poissons-lapins. Son parcours a été soutenu par le projet Micronesian Community-based Fisheries Management as NbS for Coastal Resilience (MiCOAST), soutenu par l’Initiative Kiwa : « Je ne savais rien, admet-elle, mais j’ai appris. Et maintenant, je peux transmettre ce savoir. »

Jessie, et son sens de la répartie, s’incline volontiers devant les talents organisationnels de Maylane. « C’est elle le patron », plaisante-t-il, avec une fierté non dissimulée. Maylane, de son côté, salue la patience et la force de Jessie. Ensemble, ils peuvent désormais nourrir leur famille. Leur ferme contient une nurserie de poissons juvéniles, redistribués à de nouveaux éleveurs. « Ce n’est plus seulement notre affaire, dit Jessie. C’est devenu celle de toute notre communauté. »

Une communauté en transformation

Depuis des générations, le poisson occupe une place centrale dans la vie micronésienne, non seulement pour les repas quotidiens, mais aussi pour les cérémonies traditionnelles. À Pohnpei, le partage de poisson le troisième jour suivant un enterrement est une coutume qui honore le défunt et renforce la solidarité communautaire. La ferme de Maylane et Jessie fournit aujourd’hui le poisson pour ces rituels, assurant la continuité culturelle. « Avant, nous devions acheter du poisson pour les cérémonies, explique Maylane. Maintenant, nous le donnons. » Leur entreprise est une affaire de famille. Leurs enfants nourrissent les poissons avant l’école, apprenant ainsi la responsabilité et la sécurité. « Ils n’ont plus à risquer leur sécurité en pêchant au large, dit Maylane. C’est durable. »

Au crépuscule, les cages des Santiago scintillent sous la lumière déclinante. Les poissons s’agitent, leurs mouvements semblent murmurer l’abondance d’autrefois. Maylane rit en réprimandant Jessie, qui vient de l’asperger ; elle se venge en jetant une poignée d’aliments dans l’eau, déclenchant un mouvement frénétique chez les poissons. Leurs enfants regardent la scène, le visage empreint de cet émerveillement propre à ceux qui savent que l’avenir n’est plus à craindre, mais à construire, sereinement. 

La ferme piscicole de Maylane et Jessie Santiago, un parcours pionnier et une aventure familiale
En réduisant la dépendance aux prises sauvages, l'aquaculture allège la pression exercée sur les stocks de poissons et sur les récifs coralliens - laissant aux populations marines le temps de se reconstituer et contribuant ainsi à la restauration des écosystèmes côtiers.
© MERIP
Par Aude-Émilie Dorion
Le contenu de cette publication relève de la seule responsabilité des personnes interviewées, et ne reflète pas nécessairement les opinions des bailleurs.
Nos lettres d'informations

Notre lettre d'information

Abonnez-vous à notre lettre d’information pour rejoindre la communauté Kiwa et suivre nos dernières actualités (à partager sans modération !).

Pays et Territoires
Eligibles

L'Initiative est financée par :
 
En partenariat avec :
 
 
Initiative Kiwa
 Adresse
1, rue de Barleux - BP J1 - Nouméa 98849 - Nouvelle-Calédonie - Tél. : +687 24 24 33

 Formulaire de contact
Vous devez saisir votre nom, SVP.
Vous devez saisir un email valide, SVP.
Vous devez saisir un message, SVP.

Je consens à ce que ce site collecte mes coordonnées via ce formulaire à des fins de traitement.

Vous devez approuver l'utilisation des données personnelles envoyées dans ce formulaire, SVP.

Ce site internet a été réalisé avec le soutien financier de l'Union européenne (UE), l'Agence Française de Développement (AFD), les Affaires Mondiales Canada (GAC), le Ministère des Affaires Étrangères et du Commerce Extérieur d’Australie (DFAT) et le Ministère des Affaires Étrangères et du Commerce de la Nouvelle-Zélande (MFAT). Son contenu relève de la seule responsabilité de l'AFD et ne reflète pas nécessairement les opinions des bailleurs de fonds.

Tous droits réservés 2026 - Initiative Kiwa - Mentions légales - Politique de confidentialité - Gérer les cookies
Conception : Strategic | Réalisation : PAO Production