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À la tête d’une coalition de 16 organisations au sein du PIRT, couvrant 19 pays et territoires du Pacifique, Jacqueline Evans souligne que la pièce manquante dans la région réside dans la nécessité d’une architecture non gouvernementale plus solide : des données mutualisées, des groupes de travail inclusifs intégrant les jeunes conservationnistes et les communautés locales, ainsi qu’une responsabilité partagée pour amplifier l’impact collectif.
© Initiative Kiwa/DR/Aude-Émilie Dorion
Il est essentiel que la communauté internationale reconnaisse le rôle de leader des îles du Pacifique dans la lutte contre le changement climatique, l’importance de l’océan dans cet effort, et la nécessité de préserver l’intégrité des écosystèmes marins pour la durabilité de notre planète.
Jacqueline Evans
Présidente de la PIRT et directrice des partenariats régionaux de WCS
À la tête d’une coalition de 16 organisations au sein du PIRT, couvrant 19 pays et territoires du Pacifique, Jacqueline Evans souligne que la pièce manquante dans la région réside dans la nécessité d’une architecture non gouvernementale plus solide : des données mutualisées, des groupes de travail inclusifs intégrant les jeunes conservationnistes et les communautés locales, ainsi qu’une responsabilité partagée pour amplifier l’impact collectif.
© Initiative Kiwa/DR/Aude-Émilie Dorion
À la tête d’une coalition de 16 organisations au sein du PIRT, couvrant 19 pays et territoires du Pacifique, Jacqueline Evans souligne que la pièce manquante dans la région réside dans la nécessité d’une architecture non gouvernementale plus solide : des données mutualisées, des groupes de travail inclusifs intégrant les jeunes conservationnistes et les communautés locales, ainsi qu’une responsabilité partagée pour amplifier l’impact collectif.
© Initiative Kiwa/DR/Aude-Émilie Dorion
Il est essentiel que la communauté internationale reconnaisse le rôle de leader des îles du Pacifique dans la lutte contre le changement climatique, l’importance de l’océan dans cet effort, et la nécessité de préserver l’intégrité des écosystèmes marins pour la durabilité de notre planète.
Jacqueline Evans
Présidente de la PIRT et directrice des partenariats régionaux de WCS

Extrait de l'interview

Les Solutions fondées sur la Nature en Action

Jacqueline Evans et l’édifice régional de la gouvernance océanique

Sur la côte sud-est de Rarotonga, le lagon dépérissait lentement, asphyxié par les nitrates et les phosphates issus d’un développement côtier non durable. Des eaux usées traitées, riches en nutriments, s’infiltraient dans les nappes phréatiques avant de se déverser dans le lagon, faisant pâlir les couleurs du récif sous les yeux de Jacqueline Evans. Ce moment ne l’a pas seulement alarmée. Il l’a engagée. « En tant qu’êtres humains sur cette planète, nous sommes responsables des dommages que nous causons à la nature, déclare-t-elle. Nous avons le devoir d’agir. » Elle a œuvré pendant cinq ans, de village en village, jusqu’à ce qu’en juillet 2017, les îles Cook adoptent Marae Moana : une politique de gestion durable sur l’intégralité d’un territoire océanique de 1,9 million de kilomètres carrés, avec des zones de 50 milles marins autour des quinze îles Cook, interdites à la pêche commerciale et à l’exploitation minière des fonds marins. Une diplomatie de terrain bien avant qu’elle ne devienne une politique d’ailleurs. « Mettre en place ce genre de protection demande du temps et une patience immense, explique Jacqueline. Cela nécessite un vrai travail d’équipe, et d’écouter les gens dans leur vie de tous les jours. » En 2019, le prix Goldman pour l’environnement a récompensé cette patience - une première pour une habitante des îles Cook, qui devint quelque temps plus tard, le capital de départ pour sa propre Fondation Moana.

Construire l’architecture manquante de la région

Aujourd’hui, en tant que directrice des partenariats pour le Pacifique à la Wildlife Conservation Society et présidente du Pacific Islands Roundtable for Nature Conservation (PIRT), Jacqueline agit à une autre échelle : la zone économique exclusive de son pays laisse maintenant place à dix-neuf pays et territoires. Ce changement, dit-elle, est autant structurel que géographique : « Nous disposons déjà d’une architecture régionale intergouvernementale. Nous devons maintenant construire une architecture régionale non gouvernementale. » Groupes de travail, données mutualisées, et développement d’une responsabilité commune entre organisations transformeront cette coalition en un mécanisme opérationnel au service des communautés du Pacifique, en accord avec les objectifs du Cadre mondial pour la biodiversité Kunming-Montréal et de la Stratégie 2050 pour le Pacifique bleu.

Les Solutions fondées sur la Nature plébiscitées

C’est sur cette structure que des financements comme ceux de l’Initiative Kiwa pour des Solutions fondées sur la Nature doivent se matérialiser ; non pas sous forme d’abstractions, mais à travers des palétuviers plantés ou l’éradication d’espèces invasives dans des territoires souvent isolés. Jacqueline insiste : cette traduction doit être portée par les communautés elles-mêmes, et non par une terminologie extérieure. Un pêcheur qui souhaite voir plus d’oiseaux marins pour savoir où et quand pêcher pratique déjà une approche écosystémique, qu’il connaisse ou non le numéro de l’objectif de développement durable (ODD) correspondant. « Tout repose sur le respect », déclare-t-elle en évoquant la nécessité de concilier les savoirs traditionnels et la science occidentale – les savoirs locaux, rappelle-t-elle, sont aussi une science « développée au fil des années, par essais, par expérimentation, par transmission. »

Agrandir la table

Interrogée sur ce qu’elle souhaite transmettre à la prochaine génération de conservationnistes du Pacifique, Jacqueline ne mentionne aucune victoire politique. Elle préfère faire en sorte que certains puissent obtenir une place à table. « J’aimerais vraiment élargir la composition du Pacific Islands Roundtable pour y inclure davantage les communautés locales et les jeunes conservationnistes, afin qu’ils puissent participer à la planification régionale et au développement stratégique de la conservation de la nature dans le Pacifique », explique-t-elle. Avec le PIRT, cette même intuition qui l’a poussée à œuvrer pour Marae Moana est désormais tournée vers la région. « Plutôt que d’être une victime du changement climatique, la région Pacifique peut montrer qu’elle est un acteur clé de la résilience mondiale », affirme-t-elle. À l’approche de la Pré-COP régionale du Pacifique en octobre, interrogée sur le message qu’elle souhaiterait transmettre à un public international, elle revient à ce même argument, mais à l’échelle globale : « Il est essentiel que la communauté internationale reconnaisse le rôle de leader des îles du Pacifique dans la lutte contre le changement climatique, l’importance de l’océan dans cet effort, et la nécessité de préserver l’intégrité des écosystèmes marins pour la durabilité de notre planète. » Une conviction qu’elle porte depuis vingt ans, au fil desquels elle a contribué à bâtir des institutions capables d’en faire une démonstration concrète.

Jacqueline Evans et l’édifice régional de la gouvernance océanique
Photo de groupe — Session de travail du Pacific Islands Roundtable for Nature Conservation (PIRT).
© PROE
Par Aude-Émilie Dorion
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