Kiwa à l’ICRS 2026 : des voix du Pacifique au 16e Symposium international sur les récifs coralliens

Auckland, 19-24 juillet 2026
Le 16e Symposium international sur les récifs coralliens s’est ouvert à Auckland le 19 juillet, pour six jours au New Zealand International Convention Centre. Organisé tous les quatre ans par l’International Coral Reef Society, l’ICRS est l’un des plus grands rendez-vous mondiaux sur la science, la conservation et la gestion des récifs. Il réunit chercheurs, gestionnaires d’aires marines, ONG et décideurs.
C’est la première fois que le symposium se tient en Aotearoa Nouvelle-Zélande. Ça compte pour la région. Rapprocher l’événement des îles du Pacifique laisse plus de place aux savoirs coutumiers et à la gestion menée par les communautés, rarement au premier plan dans un congrès de cette taille. Le thème 2026, « Working together to ensure a future for coral reefs », va dans le même sens.
Deux projets financés par l’Initiative Kiwa sont présents : MiCOAST, en Micronésie, et Kiwa RESTORE, à Samoa et dans le Pacifique.
MiCOAST porte l’expérience micronésienne
Simon Ellis (MERIP), Keoni Kattil (Marshall Islands Conservation Society) et Martin Romain (OneReef Worldwide Stewardship) représentent le projet Kiwa MiCOAST à Auckland, avec d’autres partenaires du projet. Leur poster (panneau 270) défend la gestion communautaire des pêches côtières (CBFM) comme une Solution fondée sur la Nature, avec des exemples des Îles Marshall, de Pohnpei (FSM) et d’ailleurs.
MiCOAST est porté par OneReef Worldwide Stewardship et s’appuie sur un réseau d’organisations non-gouvernementales à Paloa, aux États fédérés de Micronésie, aux Îles Marshall et à Nauru. Les personnes envoyées à Auckland viennent de ce réseau de terrain, celles qui travaillent sur les iles avec les communautés.
Chacun repart avec quelque chose. Simon Ellis ramène de nouvelles pistes sur les techniques émergentes de restauration corallienne et des idées pour adapter son travail à Pohnpei. Pour Keoni Kattil, c’est une première conférence internationale, et un carnet de contacts pour renforcer la visibilité de MICS. Martin Romain repart avec les leçons de praticiens régionaux sur la gestion des récifs par les communautés, des idées pour renforcer l’approche de MiCOAST à l’échelle de la Micronésie, et un réseau élargi.
Samoa : Kiwa RESTORE, la culture et la science
Su’a Ulusapeti Tiitii, cheffe du projet Kiwa RESTORE à Samoa pour Conservation International, a présenté le 21 juillet. Son intervention, « Culturally Grounded Marine Management: Evidence from the Kiwa RESTORE Project & Pacific Case Studies », s’inscrivait dans une session sur la façon dont les savoirs locaux et autochtones façonnent la conservation des récifs et la gestion des pêches dans le Pacifique.
Son propos était concret. À Samoa, la conservation marine n’est pas une idée neuve. Bien avant les réglementations occidentales, les villages géraient leurs récifs par le Fa’asamoa, le système de gouvernance traditionnel, en fixant des zones tapu où la pêche s’arrêtait pour laisser poissons et coraux se reconstituer.
Kiwa RESTORE s’appuie sur cette base. Le projet travaille avec 15 communautés côtières réparties sur trois districts pour réviser et élaborer des Village Fisheries Management Plans, qui combinent les règles coutumières des villages et le suivi scientifique des stocks de poissons, de la couverture corallienne et de la santé des récifs. Ulusapeti Tiitii a aussi cité le Lau Seascape Initiative aux Fidji, où une équipe formée de représentants de chaque île mène l’action de conservation avec l’appui des chefs coutumiers des Lau.
Son message pour la salle :
« Les communautés insulaires du Pacifique ont beaucoup à apporter à la conversation mondiale, mais elles ont aussi beaucoup à apprendre des approches de restauration émergentes, de la science récente et des partenariats internationaux qui peuvent renforcer la conservation menée localement. » Penser globalement, agir localement.
Pourquoi Kiwa suit ce rendez-vous
L’Initiative Kiwa finance des Solutions fondées sur la Nature pour l’adaptation au changement climatique dans le Pacifique. Les récifs coralliens sont en première ligne. Ils cassent la houle, ils nourrissent les villages, et leur dégradation s’accélère plus vite qu’il n’est possible de s’adapter.
L’ICRS est le lieu où la science des récifs coralliens et la gestion de terrain se parlent. Y envoyer des personnes du Pacifique, et pas seulement des scientifiques, change la nature de la conversation.

















